Cinéma L'Hélios

Les classiques
Classique
vendredi 3 juillet 2026 à 21:30

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SEIJUN SUZUKI : le rebelle pop du cinéma japonais

Cinéaste aussi virtuose qu’iconoclaste, Seijun Suzuki (1923-2017) aura marqué l’histoire du septième art par une approche unique du cinéma de genre, où audace esthétique et liberté formelle s’épanouissent en de fascinantes compositions visuelles et narratives. En plein cœur des sixties, Seijun Suzuki transforme chaque série B que lui confie le célèbre studio Nikkatsu en une œuvre plastique vertigineuse, colorée et théâtrale, qui n’hésite pas à tendre vers le surréalisme. Chargé d’ironie, l’humour à froid du cinéaste désamorce la gravité des intrigues criminelles classiques, pour mieux laisser le champ libre à une mise en scène dont l’inventivité évoque tour à tour Akira Kurosawa, Sergio Leone, Orson Welles ou JeanLuc Godard. Transcendant ses décors minimalistes en de vivants tableaux, jouant sur l’expressionnisme des lumières et des mouvements de caméra, Seijun Suzuki parvient à mêler kabuki et roman noir, yakuzas et pop art avec une aisance époustouflante. Plébiscitée comme une influence essentielle par des cinéastes aussi divers que Jim Jarmusch, Quentin Tarantino, Wong Kar-wai ou Damien Chazelle, l’œuvre de Seijun Suzuki mérite enfin d’être reconnue comme une référence majeure du cinéma d’auteur japonais et mondial. 

LA JEUNESSE DE LA BÊTE

Sorti quelques mois à peine après Détective Bureau 2-3, et produit la même année (1963), La Jeunesse de la bête en apparaît comme le versant sombre, plus sérieux et violent. Car si les deux films partagent un même acteur principal (Joe Shishido) et une intrigue assez proche (celle d’une infiltration au sein de gangs de yakuzas), La Jeunesse de la bête délaisse l’humour de son faux jumeau, tranchant par le sadisme de ses mafieux raffinés et ses étonnants moments de brutalité irruptive et sarcastique, qui semblent parfois anticiper celle de A History of Violence de David Cronenberg.

La séance sera présentée par Emmanuel Voisin
scénariste et critique de cinéma

Vendredi 3 juillet à 21h30
LA JEUNESSE DE LA BÊTE
de Seijun Suzuki · Japon · 1963 · 1h32 · VOST
version restaurée 4K

Le détective Tajima joue un jeu dangereux : afin de venger la mort d’un de ses amis, il accumule les délits. Conformément à ses plans, les Yakuza le recrutent rapidement et il intègre le gang qu’il veut détruire en semant la discorde de l’intérieur. Mais alors que le massacre commence, il réalise avec stupeur que la personne à la tête du clan ne répond pas aux critères mafieux habituels.

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